top of page

L’anéjaculation : quand l’éjaculation ne survient pas

Photo du rédacteur: Laura Mertens
Laura Mertens
il y a 1 jour
5 min de lecture

L’éjaculation est souvent considérée comme une étape « automatique » de la sexualité masculine. Pourtant, certaines personnes rencontrent une difficulté dont on parle beaucoup moins : l’anéjaculation, c’est-à-dire l’absence d’éjaculation malgré une excitation et une stimulation sexuelles.


Cette situation peut être source d’incompréhension, de frustration ou de pression, aussi bien pour la personne concernée que pour son ou sa partenaire.


Pourtant, ne pas éjaculer ne signifie pas nécessairement ne pas avoir de plaisir ou ne pas être excité.



Qu’est-ce que l’anéjaculation ?


L’anéjaculation désigne l’absence d’éjaculation lors d’une activité sexuelle, malgré une stimulation sexuelle et une excitation suffisantes.


Elle peut se présenter de différentes manières.


On peut notamment distinguer :

  • l’anéjaculation primaire : l’éjaculation n’a jamais été possible ;

  • l’anéjaculation secondaire : l’éjaculation était possible auparavant mais ne survient plus ;

  • l’anéjaculation situationnelle : l’éjaculation est possible dans certaines situations mais pas dans d’autres, par exemple seul mais pas avec un·e partenaire.


Il est également possible d’avoir une sensation d’orgasme sans émission de sperme. Cette situation peut notamment correspondre à une éjaculation rétrograde, qui nécessite une évaluation médicale.


Éjaculation et orgasme : deux choses différentes


Il est important de distinguer l’éjaculation de l’orgasme.

L’éjaculation correspond à l’expulsion du sperme par le pénis.


L’orgasme correspond quant à lui à une expérience de plaisir et à un ensemble de sensations corporelles.


Les deux phénomènes sont généralement associés, mais ils ne sont pas exactement la même chose.


Une personne peut donc ressentir du plaisir ou même avoir un orgasme sans nécessairement éjaculer.


Pourquoi l’éjaculation peut-elle être difficile ?


L’anéjaculation peut avoir des causes très diverses et plusieurs facteurs peuvent parfois se combiner.


🩺 Des causes physiques


Certaines situations médicales ou neurologiques peuvent avoir une influence sur l’éjaculation.


Il peut notamment s’agir de :

  • certaines maladies ou atteintes neurologiques ;

  • certaines interventions chirurgicales ;

  • des troubles hormonaux ;

  • des lésions ou traumatismes ;

  • certaines complications liées à des traitements.


Une consultation médicale peut permettre d’explorer ces différentes pistes.


💊 Les médicaments


Certains médicaments peuvent modifier la réponse sexuelle et rendre l’éjaculation plus difficile, voire impossible.

C’est notamment le cas de certains antidépresseurs, mais d’autres traitements peuvent également avoir un impact.

Si vous constatez un changement après l’introduction ou la modification d’un traitement, il est important d’en parler avec le professionnel de santé qui le prescrit.


Il ne faut pas arrêter un traitement seul.


🧠 Les facteurs psychologiques


Le fonctionnement sexuel est également influencé par ce qui se passe dans notre tête.

L’anxiété, le stress, la peur de ne pas « réussir », la pression de performance ou certaines expériences passées peuvent rendre l’éjaculation plus difficile.


Plus une personne surveille son corps et se demande :

« Est-ce que je vais enfin éjaculer ? »

plus il peut devenir difficile de se laisser aller aux sensations.


Un cercle de pression peut alors s’installer.


❤️ Les facteurs relationnels


La relation avec le ou la partenaire peut également avoir une influence.

Des difficultés de communication, des tensions dans le couple, un manque de sécurité ou la peur de décevoir l’autre peuvent parfois prendre beaucoup de place dans la sexualité.

La personne peut alors être davantage préoccupée par la réussite de la relation sexuelle que par ce qu’elle ressent réellement.


Quand la sexualité devient une « performance »


L’une des difficultés fréquemment rencontrées est la pression autour de l’éjaculation.


La sexualité masculine est encore souvent associée à certaines attentes :

« Je dois avoir une érection. »

« Je dois tenir longtemps. »

« Je dois éjaculer. »


Ces injonctions peuvent transformer un moment de plaisir en véritable objectif à atteindre.


Or, plus la sexualité devient une performance, plus il peut être difficile de rester connecté à ses sensations.


La sexualité n’a pas besoin d’avoir un résultat précis pour être satisfaisante.


Quel impact sur le couple ?


L’anéjaculation peut parfois être vécue comme un rejet par le ou la partenaire :

« Est-ce que je ne lui plais pas ? »

La personne concernée peut également ressentir :

  • de la honte ;

  • de la frustration ;

  • une perte de confiance ;

  • la peur de décevoir ;

  • une impression d’être « différent » ou « anormal ».


Ces interprétations peuvent progressivement créer de la distance dans le couple.

Communiquer permet souvent d’éviter que chacun interprète la situation de son côté.


L’âge peut-il jouer un rôle ?


L’âge peut également influencer le fonctionnement sexuel.


Avec le temps, certaines personnes peuvent avoir besoin de davantage de stimulation ou de temps pour atteindre l’éjaculation. Des changements hormonaux, certaines maladies, des interventions chirurgicales ou la prise de médicaments peuvent également intervenir.

Mais avancer en âge ne signifie pas nécessairement qu’il est normal de ne plus éjaculer.

Là encore, tout dépend de la manière dont la personne vit cette situation.


Si elle ressent du plaisir, peut avoir un orgasme et ne ressent pas de souffrance ou de gêne particulière, l’absence d’éjaculation n’est pas forcément problématique.


Peut-on retrouver une éjaculation ?


Dans certaines situations, il est possible d’améliorer ou de modifier les difficultés d’éjaculation.


La première étape consiste à comprendre ce qui peut expliquer la difficulté.


Selon la situation, l’accompagnement peut associer :

  • une évaluation médicale lorsque cela est nécessaire ;

  • une réflexion autour des médicaments éventuels ;

  • une diminution de la pression de performance ;

  • une meilleure connaissance de ses sensations ;

  • une exploration des habitudes de stimulation ;

  • un travail autour de l’anxiété ou du stress ;

  • une communication plus ouverte avec le ou la partenaire.


Mais retrouver l’éjaculation n’est pas nécessairement l’objectif dans toutes les situations.

Si la personne vit bien son absence d’éjaculation et trouve du plaisir dans sa sexualité, il peut simplement s’agir de l’accompagner à mieux comprendre et accepter son propre fonctionnement.


Il n’existe pas une solution unique : l’accompagnement dépend de chaque personne, de son histoire et de ce qu’elle souhaite pour sa sexualité.


Et si je n’éjacule pas pendant une relation sexuelle ?


Une relation sexuelle ne se résume pas à l’éjaculation.

Il est possible de ressentir du plaisir, de l’excitation, de la proximité et de l’intimité sans nécessairement éjaculer.


Sortir de l’idée qu’une relation sexuelle doit obligatoirement se terminer par une éjaculation peut également permettre de diminuer une partie de la pression.


Le plaisir n’est pas un examen à réussir.


Quand consulter ?


Il peut être intéressant de consulter lorsque l’absence d’éjaculation :

  • apparaît soudainement alors qu’elle n’existait pas auparavant ;

  • devient source de souffrance ou de frustration ;

  • entraîne une perte de confiance ;

  • crée des tensions dans le couple ;

  • s’accompagne d’autres changements sexuels ou physiques ;

  • vous questionne ou vous inquiète.


Une première étape peut être d’en parler à un médecin ou à un professionnel de santé, notamment afin d’écarter une cause physique ou médicamenteuse.


Un accompagnement en sexologie peut ensuite permettre de travailler sur les dimensions psychologiques, sexuelles et relationnelles.


🌿 En tant que sexologue clinicienne et thérapeute de couple, j’accompagne les personnes confrontées aux difficultés d’éjaculation, afin de mieux comprendre ce qui se joue et de retrouver une sexualité plus sereine, sans pression ni jugement.

Commentaires


bottom of page