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L'anorgasmie : quand l'orgasme se dérobe, et pourquoi il ne faut pas rester seul·e avec cette question

  • Photo du rédacteur: Laura Mertens
    Laura Mertens
  • 15 juil.
  • 3 min de lecture

« Je n'y arrive pas. » C'est souvent la première phrase que j'entends en consultation, prononcée à voix basse, comme un aveu honteux. Pourtant, ne pas atteindre l'orgasme — que ce soit seul·e, avec un·e partenaire, parfois même jamais — est l'une des difficultés sexuelles les plus fréquentes, et l'une des moins souvent évoquées.


fleur fanée tenue dans la main

Qu'est-ce que l'anorgasmie ?


L'anorgasmie désigne l'absence ou la difficulté persistante à atteindre l'orgasme, malgré une stimulation suffisante et le désir de l'obtenir. Elle peut être :

  • Primaire : la personne n'a jamais connu d'orgasme, quelle que soit la situation.

  • Secondaire : l'orgasme était possible auparavant, mais devient difficile ou impossible depuis un certain temps.

  • Situationnelle : l'orgasme survient dans certains contextes (seul·e, par exemple) mais pas dans d'autres (à deux).

  • Généralisée : la difficulté est présente dans toutes les situations.


Elle concerne les femmes de manière plus documentée dans la littérature scientifique, mais les hommes peuvent également en souffrir, souvent dans un silence encore plus grand tant le sujet reste tabou pour eux.


Des causes multiples, rarement isolées


Il n'existe presque jamais une seule explication. Parmi les facteurs les plus courants :

Sur le plan physique : certains traitements médicamenteux (notamment certains antidépresseurs), des déséquilibres hormonaux, des maladies chroniques, ou encore des douleurs pendant les rapports peuvent influencer la capacité à ressentir du plaisir jusqu'à l'orgasme.

Sur le plan psychologique : l'anxiété de performance, le stress, une image corporelle difficile, un vécu de culpabilité liée à la sexualité, ou des expériences passées douloureuses peuvent créer une forme de « frein » involontaire.

Sur le plan relationnel : un manque de communication avec le ou la partenaire, une pression implicite à « devoir » jouir, ou une méconnaissance mutuelle des zones et rythmes de plaisir jouent souvent un rôle central.

Sur le plan de la connaissance de soi : beaucoup de personnes n'ont simplement jamais eu l'occasion d'explorer ce qui leur procure du plaisir, sans jugement ni objectif de performance.


Le piège de la pression à la performance


Paradoxalement, plus on cherche activement l'orgasme, plus il peut s'éloigner. Le corps a besoin de sécurité et de lâcher-prise pour se laisser aller au plaisir — or l'anxiété liée à « est-ce que ça va arriver cette fois ? » entretient souvent le problème qu'elle cherche à résoudre.


C'est un cercle qui se nourrit de lui-même, et qui peut affecter l'estime de soi, la vie de couple, et le rapport général à la sexualité.


Ce n'est ni un échec, ni une fatalité


Il n'y a rien d'anormal, de « cassé » ou de honteux dans une difficulté orgasmique.

C'est un motif de consultation extrêmement courant, et surtout, c'est une problématique qui se travaille. Selon les causes identifiées, l'accompagnement peut associer :

  • un travail d'exploration corporelle et de reconnexion avec ses propres sensations,

  • des techniques pour désamorcer la pression de performance,

  • un travail de communication avec le ou la partenaire,

  • si nécessaire, une orientation vers un·e médecin pour explorer une piste physiologique ou médicamenteuse.


Pourquoi consulter change la donne


Beaucoup de personnes vivent avec cette difficulté pendant des années, persuadées que « ça doit venir tout seul » ou que le sujet n'est pas assez grave pour être évoqué en consultation. C'est précisément l'inverse : plus on en parle tôt, plus il est facile de dénouer les mécanismes en jeu, avant qu'ils ne s'installent durablement dans la relation à soi ou au couple.


Un accompagnement en sexologie n'a rien d'intrusif ni de mécanique. C'est un espace confidentiel, sans jugement, où l'on prend le temps de comprendre votre histoire, à votre rythme.


Si cette difficulté vous concerne, sachez que vous n'êtes pas seul·e — et qu'il existe des pistes concrètes pour avancer. N'hésitez pas à prendre rendez-vous pour en discuter ensemble.

 
 
 

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